Lyon, le 16 mars 2000
RELATIONS PROTHESE-PARODONTOLOGIE ET PLACE DES IMPLANTS DANS LES TRAITEMENTS ACTUELS.
S i on ne devait retenir que deux messages de la conférence de notre ami Jean-Claude YULZARI ce serait : "nettoyage et nettoyabilité", base de la réussite d'un traitement paro-prothétique.
Durant plusieurs heures Jean-Claude nous a fait faire une promenade philosophique entre la parodontologie et la prothèse et du haut de ses vingt-huit années d'expérience en parodontologie, il nous a fait comprendre qu'en matière de traitement paro-prothétique on ne doit jamais dire "toujours" ni "jamais", il faut tout simplement adapter notre savoir-faire en fonction du patient : depuis 20 ans, tous les professionnels paro-implantologistes conscients que nous sommes, avons côtoyé et écouté des grands cliniciens "opératoires" : certes, nous avons tous vu de merveilleuses diapositives mais un seul élément est oublié dans tout cela : le patient, cet être à qui nous devons "rendre le sourire" et à qui froidement, pour ce faire, nous devons proposer de lui retirer un petit morceau de son anatomie (greffe iliaque) pour lui remplacer quelques dents
Essayons, par moment, de nous mettre à la place de ce patient qui souffre d'abord "psychologiquement" parce qu'il ne peut pas sourire. En effet, chacun de nous sait qu'on ne peut manger sans dent et qu'il est impossible de "vivre" (socialement) sans dent .
Et, c'est pour cette raison que nous avons tous apprécié l' exposé de Jean-Claude YULZARI qui n'hésite pas à placer des "extensions" sur un bridge maxillaire pour redonner le sourire à un patient : (au lieu de "l'ennuyer'", et le mot est faible, avec un soulevé de sinus !). Les prothèses implanto-dento-portées placées dans la bouche de nos patients doivent-elles accompagner ces derniers au-delà du paradis ? C'est l'impression réaliste que m'a laissée la conférence de Jean-Claude YULZARI. Ce dernier nous a tout d'abord transmis le message essentiel : à savoir que la maladie parodontale est d'abord une maladie infectieuse liée à la plaque bactérienne. PHOTOS 1 et 2
Bien sûr d'autres facteurs peuvent intervenir dans l'apparition de cette maladie comme la violation de l'espace biologique par des prothèses iatrogènes.
De toute façon, chacun de nous le sait bien : toutes les maladies parodontales commencent par le dépôt de plaque. Dans tous les cas il y a d'abord apparition d'une gingivite, d'où la nécessité du contrôle de la plaque dentaire.
Et vis-à-vis de nos patients la bonne formule n'est pas "brossez, bandes de cochons" mais il faut prendre le temps (beaucoup de temps) d'expliquer aux patients la maladie parodontale et les motiver à une hygiène rigoureuse.
La prothèse parodontale est une association thérapeutique permanente entre l' orthodontie, l'occlusion et la prothèse. PHOTOS 3, 4 et 5.
"C'est le bridge thérapeutique qui tient les dents". Cette prothèse parodontale doit respecter les deux impératifs majeurs : nettoyage et et nettoyabilité par de larges embrasures etc.... On connaît la chanson ! Mais il ne faut surtout pas négliger l'occlusion. PHOTOS 6 et 7
Notre conférencier à beaucoup insisté sur les façons de "contrôler" cette plaque et nous a justement conseillé d'appréhender cette plaque "en douceur" : il nous a expliqué l'importance de ne pas bondir sur notre appareil à ultrasons dès la première séance en présence de tissus infectés de façon à ne pas "exploser" les bactéries sus gingivales et surtout "d'attendre" avant de se saisir d'un bistouri. Qu'en effet, il faut que le patient prenne conscience de ses problèmes, et une fois une bonne hygiène établie procéder à la chirurgie parodontale qui n'est rien d'autre qu'une reconstruction de formes permettant le contrôle de la plaque.
Le docteur YULZARI nous a fait prendre conscience que la parodontologie est une spécialité difficile sur le plan psychologique : dès la première séance nous allons parler d'hygiène avec nos patients, c'est très délicat.
La chirurgie parodontale doit intervenir sur un patient éduqué, conscient de la "rechute" potentielle de la maladie parodontale au moindre "relâchement" de l'hygiène.
Et c'est sur un patient "responsable." que nous allons intervenir : nous allons d'abord expliquer à notre patient que nous allons lui faciliter davantage l'hygiène par la reconstruction de son environnement parodontal et qu'il s'agit en quelques sorte d'une chirurgie plastique. Mais, avant d'arriver à la chirurgie parodontale , le docteur YULZARI nous a conseillé de débuter notre assainissement parodontal par un "nettoyage de la poche" NON CHIRURGICAL 'et de prévoir éventuellement un traitement chirurgical ultérieur..
La parodontologie exige une vraie évaluation permanente du parodonte de nos patients.
Le docteur YULZARI a terminé la première partie de son exposé en soulignant l'importance de l'orthodontie et de l'endodontie dans la réussite d'un traitement paro-prothétique.
Dans la deuxième partie de son exposé le docteur J.C YULZARI a traité de "la place des implants dans les traitements actuels" et surtout du besoin des implants dans les réhabilitations paro- prothétiques.
A-t-on besoin de "sacrifier" certaines dents sur l'autel de l' implantologie ?
L'auteur nous a expliqué longuement un principe fondamental : l' implantologie doit être un dernier recours parce qu'elle complique bien souvent la situation prothétique.
C'est pour cette raison que l' implantologie doit être prothétiquement pensée et qu'il nous fallait d'abord prendre conscience d'un concept essentiel : l' implantologie C'EST de la prothèse.
C'est pour cette raison qu' avant d'utiliser l' implantologie ostéo-intégrée, il faut d'abord déterminer la position des implants en faisant un "waxing".
L' implantologie doit être pratiquée sur des tissus sains : il est donc conseillé de pratiquer la chirurgie parodontale avant le traitement implantaire et, éventuellement en cas de besoin, avoir recours à la chirurgie muco-gingivale plusieurs mois après la pose des implants.
À ce propos le docteur YULZARI nous a entretenu sur cette nouvelle maladie parodontale : La "péri-implantite" considérée la plupart du temps comme une simple parodontite alors que la péri-implantite est une OSTEITE.
La parodontite est une maladie "gérable", l'ostéite non.
Le docteur J.C YULZARI (généreux dans son enseignement, comme tout ancien "Bostonien" qui se respecte) n'a pas voulu terminer son exposé sans nous parler de l'importance de nos préparations prothétiques et de l'homothétisme de ces préparations (élimination du matériau de façon régulière) et nous a démontré que la nettoyabilité de nos prothèses commençait dans la préparation de nos piliers prothétiques. La nettoyabilité assurant la pérennité de la prothèse.
Enfin, notre conférencier a traité de l'importance de la morphologie des dents et nous a démontré que si D.... nous avait créé avec des dents en forme d'implants : nous n'aurions aucun problème.
Les dernières dents présentes sur une arcade ne sont-elles pas souvent les incisives ! !
C'est pour cette raison, qu'en matière de prothèse paro-implantaire, il faut réduire la largeur des tables occlusales.
En conclusion le Docteur YULZARI nous a énoncé "qu'on ne peut voir que ce qu'on connaît" d'où l'importance de la formation continue.
Il faut :
Savoir "voir".
Savoir "lire" une radio etc.
Savoir " lire " un site,
Et plutôt que de courir à la catastrophe surtout connaître ses compétences et ses limites.
Et savoir "adresser'".
Tous les membres présents ont apprécié la simplicité du Docteur YULZARI et son esprit didactique, et espèrent revoir cet enseignant sympathique, passionné et passionnant dans le cadre d' Alpha- Oméga Rhône-Alpes.
Il a certainement beaucoup de choses à nous enseigner encore Merci Jean-Claude de ta gentillesse, de ton enthousiasme à l'heure où les praticiens "quinquas" sont moroses et ne parlent que d'URSAFF et de retraite.
Compte-rendu par le Dr Jacqueline LELLOUCH.
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