DOCTEUR CHRISTIAN CHAVRIER

Maître de Conférences

Praticien Hospitalier

Chef de service d’Implantologie orale- Université Claude Bernard – Lyon 1

Responsable du Diplôme Universitaire de Chirurgie et Prothèse Implantaires

Président du Collège Universitaire Rhône-alpes d’Implantologie Orale

CURAIO

 

 

Mise en charge immédiate

Impératifs cliniques, indications, contre-indications, problèmes médico-légaux.

Lyon septembre 2003

Sujet bien d’actualité car on en parle dans tous les congrès et les publications mais pas toujours de façon judicieuse notamment sur le plan médico légal.

Aprés de brefs rappels des principes de BRANEMARK qui avait démontré dans les années 1970 à 1980 la fiabilité du traitement implantaire et posé les conditions de l’ostéointégration, à savoir :

• Utilisation d’implants en titane

• Mise en nourrice de ces implants pendant 3à 6 mois

• Mise en charge différée

Permettant l’ostéointégration définie comme une ankylose de l’implant dans l’os ; l’immobilisation de l’implant pendant la mise en nourrice permet la formation d’un cal osseux péri implantaire.

Cette technique est fiable et reproductible ; elle correspond aux données acquises de la science, néanmoins elle présente certains inconvénients:

• Elle nécessite une prothèse provisoire

• C’est un protocole qui globalement est long et coûteux et qui éloigne les patients du traitement implantaire.

Pour remédier à ces traitements longs de nombreux auteurs  ont montré que toute cette période pouvait être réduite à pratiquement rien si certaines conditions étaient respectées et notamment si les micro mouvements étaient inférieurs à 100 microns.( BRUNSKI 1992 1993); plusieurs implants formant un polygone de sustentation dont les éléments sont bloqués car solidarisés mis en charge immédiatement fonctionneront comme un fixateur externe en orthopédie. Il y aura une ostéointégration et non pas une fibrointégration. Ce qui est remarquable et peut paraître paradoxal est que cette ostéointégration se fait dans un écart type de micromouvements compris entre un minimum de 1à 20 microns et un maximum de 100 microns.

La définition de la mise en charge immédiate (M.C.I): est l’installation dans un délai très court après l’implantation (5 à 7 jours) d’une prothèse fonctionnelle implantoportée.

IMPERATIFS CLINIQUES

A : L’implant :

1. Il est en titane ou alliage de titane. Il aura une longueur de 10 mm minimum et un diamètre de 3,4 à 3,5 mm minimum.

2. Ce sera un implant vis dont les spires assurent la macro rétention et il aura un état de surface rugueux sablé mordancé pour assurer la micro rétention et donc une ostéointégration plus rapide.

3. Il sera monobloc ou dit en un temps de préférence. Néanmoins les implants en deux parties sont admis.

B : Le nombre d’implants

4 au niveau de la mandibule pour une prothèse adjointe stabilisée.

5 ou 6 dans le cas d’un bridge vissé symphysaire.

8 ou 10 implants pour un bridge vissé ou scellé sur moignons transvissés au maxillaire.

C : La qualité de la prothèse

Préparation à l’avance de l’occlusion et du montage esthétique.

L’armature doit être parfaitement passive.

Les alliages doivent être suffisamment rigides comme le chrome cobalt ou des alliages d’or de type 4.

La prothèse sera vissée de préférence à une prothèse scellée.

D : Le délai

La réalisation chirurgicale et prothétique doit se faire dans un délai de 5 à 7 jours pour être qualifiée de MCI. (Consensus)

CONTRE INDICATIONS

Edentement postérieur maxillaire ou mandibulaire.

Edentement unitaire

Qualité osseuse moindre : éviter l’os de type 3 ou 4

Bruxisme.

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